Nicolas Voisin, digital journalisme

12 avril 2010

 Le Web est une marmite mondiale en perpétuelle surchauffe. On en connait bien certains usages. Boutiques en ligne de toutes sortes, sites d’informations pratiques, fonctions de recherche d’informations via les moteurs.
Il est par contre des domaines où le web est en train d’inventer des nouvelles pratiques, des nouvelles formes.
L’un de ses domaines est le journalisme. Qu’est-ce qu’un journaliste aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’un média ? Comment peut-on traiter et rendre lisible, compréhensible la masse, les flux d’informations ? Les médias traditionnels, journaux, radios, télévisions vont-ils s’adapter ? Le web va-t-il générer des médias inconnus ?
La réflexion est intense sur ces questions. Des équipes cherchent et travaillent à déchiffrer et à défricher le terrain.
Je vous propose une rencontre avec Nicolas Voisin, Directeur d’OWNI.fr.
Au cours de cette conversation, nous abordons les questions les plus brulantes soulevées par l’explosion des sources d’information.
En premier lieu, il convient de préciser ce qu’est OWNI :

Owni graphisme
Ci-dessus graphisme d’OWNI, la Soucoupe

Rentrons dans le vif du sujet en reprenant un terme employé par Nicolas Voisin : le Data-journalisme. Voilà un néologisme qui doit receler des notions importantes mais assez obscures pour le profane :


Dans ce travail de dossier vous passez d’un sujet à un autre très vite mais comment est assuré le »suivi » ?

Quelques précisions et définitions :

Le crowdsourcing est un néologisme conçu en 2006 par Jeff Howe et Mark Robinson, rédacteurs à Wired magazine. Calqué sur l’outsourcing (externalisation), qui consiste à faire réaliser en sous-traitance, donc externaliser des tâches qui ne sont pas du métier fondamental de l’entreprise, le crowdsourcing consiste à utiliser la créativité, l’intelligence et le savoir-faire d’un grand nombre d’internautes, et ce, au moindre coût.

Wikipedia
Représentation du crowdsourcing
Représentation du crowdsourcing

Le journalisme de liens (link journalism) est un nouveau concept qui est en train d’émerger parallèle au concept du journalisme participatif : il s’agit de proposer des informations
en continu. Cela peut être des actualités ou des liens vers des articles qui ont été trouvés sur le Web. L’objectif est d’informer rapidement la communauté et de diffuser des actualités sous forme de brève.
Wikipedia

Un mashup – « mixage » en français - désigne une application Web qui combine du contenu en provenance de différents sites. Cette application permet ainsi de créer un service nouveau grâce à l’apport des contenus de sites tiers.
Ce nouveau service peut éventuellement être à son tour enrichi de contenus générés par les utilisateurs. Le mashup participe intimement au succès du Web 2.0 car il permet au producteur d’un contenu de le proposer à la communauté des développeurs qui pourront à loisir le formater et le valoriser sous une autre forme. Le mashup constitue donc une forme d’externalisation qui repose sur l’intelligence collective des internautes et des développeurs.
Journal du Net

Le principe de subsidiarité est une maxime politique et sociale selon laquelle la responsabilité d’une action publique, lorsqu’elle est nécessaire, doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d’elle-même.
Le principe de subsidiarité a été repris du droit canonique. On trouve déjà cette notion dans les pensées de Thomas d’Aquin mais il a été formulé pour la première fois par le pape Léon XIII, dans l’encyclique Rerum novarum, première formalisation de la doctrine sociale de l’Église catholique.
Celle-ci avait été rendue nécessaire par les abus de la révolution
industrielle et ses conséquences sur la société civile.
Wikipedia
Illustration Web2.0

Passons au média, type Facebook et à leur impact sur la démocratie élective

1er cas : Prenons l’exemple d’un leader d’opposition dans un pays assez fermé du point de vue des usages démocratiques. Facebook et autres sont-ils un substitut aux canaux traditionnels ?

Représentation du crowdsourcing
2eme cas : celui des dernières élections aux Etats-Unis :

Pour conclure, je suis un peu surpris de trouver Nicolas Voisin, certes enthousaste mais pas béat devant les potentialités supposées du web :

Grand merci à Nicolas pour cette conversation
Dominique Nugues

Les blogs, sites et auteurs cités par Nicolas Voisin
OWNI
Mediawacth
Narvic
Netscouade
Lycée.EU

La culture, c’est de la politique

29 mars 2010
La culture n'est pas un crimeEn début d’après-midi, ce lundi, le Directeur régional des affaires culturelles de Basse-Normandie a reçu une large délégation des acteurs de la culture en Basse-Normandie.
Cette manifestation prenait place dans une dans une journée nationale de mobilisation contre la RGPP (Révision générale des politiques publiques).
Localement, le SYNAVI, l’UFISC et l’ADADA appelaient à cette manifestation.
Nous fûmes, donc,  tous reçus par le Directeur régional des affaires culturelles, dans la Chapelle dépendant de la DRAC.
Le ton de discussion fut cordial. Cette réunion dura environ 3/4 d’heures et les réprésentants des arts de la musique, de la danse et du théâtre, purent s’exprimer
et être entendus par le Directeur régional des affaires culturelles, sans que cela soit un dialogue. Il a bien insisté sur ce fait. « Je vous écoute avec attention, je transmettrai mais nous ne dialoguons pas ».
Le Directeur régional des affaires culturelles rappelle qu’il met en oeuvre les politiques publiques. Les clés sont dans les mains du ministre. C’est lui le responsable des politiques. Le Directeur applique ou décline les dites politiques.
Il nous apprend que les décisions qui vont transformer l’organisation territoriale sont en cours d’approbation par les Assemblées et que pour l’instant, on ne sait donc rien.
Il nous répète (au cas où quelques étourdis ne l’auraient pas remarqué) qu’il y a une très grave crise économique. L’urgence est donc aux dépenses sociales qui tirent sur les budgets.
Le Directeur régional des affaires culturelles nous cite même le Val de Marne où là-bas c’est très, très sérieux. D’ailleurs Monsieur Bartolone l’a dit : « Ã§a va être très dur. »
Enfin, il nous informe du fait que les collectivités locales n’ont pas pris à temps la mesure de la rigueur budgétaire qui s’impose. Mais que ça va venir et qu’on va pas rigoler.
Comme on le voit, l’atmosphère n’était pas à l’euphorie. Car pour le dire rapidement:
  • Il n’y a plus de sous !
  • Cela ne va pas s’arranger
  • Le directeur attend ce que l’on va lui dire de faire. Il l’appliquerai.
Par devers-moi, sans oser parler haut en ce lieu deux fois sacré (ancienne Chappelle et Temple de la République), je me disais que voilà un Directeur régional des affaires culturelles prudent et habile car, en somme, son message fut :
« Que chacun se débrouille, l’état n’est qu’un petit agent des politiques locales et il va encore se ratatiner ».
Après cela, la parole fut donnée aux représentants de la Musique, de la Danse et du Théâtre.
Ce site étant un blog Wordpress, je laisse chacun présenter, commenter et analyser les propos du Directeur régional des affaires culturelles.
Nous nous sommes réunis à quelques-uns et nous avons décidé de procéder ainsi.
Les commentaires de ce billet sont ouverts, chacun peut y poser des questions, répondre, donner son avis.
Des prolongements seront donnés à ce débat sur RadioBazarnaom(vous serez prévenus en heure et en temps).
Et bientôt, J.Escamez nous parlera sur Storyus de l’Argentine qui, en période de crise, a mis la Culture comme priorité de développement (ça pourrait donner des idées).
Je publierai aussi un article sur l’histoire de la Culture à Caen et en Basse-Normandie. Tant il semble que les responsables soient oublieux d’une tradition très riche, très vivante et très humaine. Nous pourrons d’ailleurs, nous y mettre à plusieurs pour constituer une mémoire de cette histoire.
A vos claviers pour la suite de cet article…
Dominique Nugues

Jean-Pierre Dupuy, conversation avec Dominique Nugues

22 mars 2010


Jean-Pierre Dupuy est un homme de théâtre et de culture. Il exerce en Normandie depuis 40 ans. Pédagogue, metteur en scène, comédien, Jean-Pierre est très engagé dans une réflexion sur l’époque, en particulier sur les interactions de l’art,  de la culture avec la société.

Il est aussi, homme d’action. Il a fondé avec un petit groupe de militants l’ADADA. Il en est le Président.

Je l’ai rencontré chez lui, l’interview a débuté sur le thème de l’ADADA, puis nous avons mené une conversation à bâtons rompus.

Passionnant.
Laissons la parole  à Jean-Pierre Dupuy. (durée de la conversation : 25mn)

Reproduction du Théâtre du Globe

Avec la Renaissance tout change. Les représentations artistiques aussi. Le Théâtre du Globe où sont jouées les pièces de Shakespeare transforme la représentation dramatique.

Culture, solidarité, partage

13 mars 2010

invité sur STORYUS Jean-Pierre Dupuy

Le dimanche 14 mars 2010, nos concitoyens se rendent aux urnes pour choisir leur conseillers régionaux. Le synavi et l’adada souhaitent une participation la plus large possible à ce scrutin. En effet si la Région dispose de pouvoirs limités, à nos yeux trop limités; elle n’en reste pas moins un acteur décisif pour certains aspects de notre vie quotidienne.
Pour nous en tenir au domaine où nos organisations souhaitent peser: la culture et le secteur indépendant des arts, c’est précisément pour faire de la culture un bien courant et quotidien accessible à tous les citoyens que nous nous battons.

Tout le long de cette campagne, nous avons appelé les forces politiques à co-construire avec nous une nouvelle politique culturelle. Nous espérons avoir été entendus.

Èmancipation liberté

Plus que jamais, le secteur indépendant, riche du maillage de milliers de structures et d’artistes de toutes disciplines sur tout le territoire peut devenir la force décisive du développement culturel. À condition d’abord que l’État remplisse sa charge et ses obligations, à condition que les Régions ne soient pas entravées dans leur volonté d’aller de l’avant, à condition de dégager des perspectives réellement nouvelles.

Nous l’avons dit et le répétons : massivement le secteur indépendant (plus d’un millier d’entreprises sur notre territoire : Basse-Normandie) souhaite s’inscrire dans une perspective de politique publique, réfuter une conception de l’art et de la culture réduit à la marchandise et à la consommation. Nous voulons une culture du droit à l’expression (avec la diversité requise) et de l’émancipation constitutive de la liberté.
René Char

Education populaire, un vieux mot ?

Synavi et Adada estiment qu’il est devenu indispensable d’élargir la base sociale des échanges sur la culture.
Une grande politique de création doit s’accompagner d’une grande politique de diffusion des œuvres, d’éducation artistique et d’éducation populaire.
Lire la suite de cette entrée »

Storyus, présentation

11 mars 2010

 Averroés, philosophe, scientifique et médecin

STORYUS est publié à l’initiative de Dominique Nugues.
Ce site à la vocation de porter et de partager un regard sur notre temps et de l’éclairer par le rappel du passé. Avec pour axe la spiritualité face aux technologies.
Rappel des faits bruts, vérifiés, agencés dans des représentations attractives.
Rappel aussi d’actes,  de paroles, d’écrits relatifs aux sciences et leur dérivés,  de personnalités connues pour leur pratique spirituelle éminente.
STORYUS est ouvert à chacun et chacune pour y faire connaître sa démarche, sa recherche. Le souhait est qu’une équipe de rédacteurs témoigne ou permette à ceux qui n’en ont pas la possibilité de témoigner de leurs espérances pour l’avenir malgré les craintes du présent.
L’histoire humaine est longue,  très mouvementée, souvent cruelle, régulièrement injuste.
Mais les spiritualités construites par cette humanité ou révélées à celle-ci peuvent et doivent nous soutenir à garder l’esprit lucide et positif dans une époque, par bien des côtés, absurde.

Impact numérique, l’exemple de la musique

4 mars 2010


La rupture numérique via l’exemple de la diffusion des contenus musicaux, tel est le sujet de cet article.
La musique est une expression artistique consubstantielle à l’humanité elle-même. Très longtemps, elle n’était entendue qu’en direct, jouée par des musiciens présents physiquement devant un public.

Il faudra attendre, les conséquences de la révolution industrielle, pour que la musique soit diffusée. Autrement dit, entendue sans la présence physique des artistes. Musique enregistrée ou musique diffusée à la radio, par exemple.

Cette histoire-là commence à la fin du XIXème siècle. La chanson prend alors son essor, après la Commune de Paris. Montmartre, les cabarets révèlent des talents : Bruant, Mac Nab, Charles Cros…

En avril 1877, Charles Cros formulait le principe d’un appareil de reproduction des sons qu’il nomma paléophone. Son document, présenté à l’Académie des sciences, suggérait que les vibrations sonores pouvaient êtres gravées dans du métal à l’aide d’un crayon rattaché à une membrane vibrante, et que, par la suite, en faisant glisser un stylet rattaché à une membrane sur cette gravure on parviendrait à reproduire le son initial. Avant que Charles Cros n’eût la possibilité de suivre son idée voire de construire un prototype, Thomas Edison, aux États-Unis, mettait au point le premier phonographe.

Dès lors L’industrie musicale va vivre des bouleversements considérables et devenir un agent économique majeur.

  • Entre 1925 et 1930, l’apparition de la radio hertzienne va rendre populaire de nouvelles expressions musicales. En particulier, le jazz et ses dérivés aux USA.
  • La décénnie 1950-1960 va voir, avec l’electronique, le disque vinyl, les débuts de la télévision et les magazines spécialisés, la musique devenir une industrie.
  • Les années 60 voit naître une nouvelle clientèle : les jeunes qui affirment leurs gouts.
  • La rupture numérique change radicalement la donne économique, les usages et la consommation.

Le monde analogique

Entre 1925 et 1930, la radio prend son essor et couvre de ses ondes le monde entier. En particulire les USA et l’Europe. Il faut des contenus. De la musique. Peu à peu, les techniques d’enregistrement et de restitution évoluent. Dès les années 30, les disques 78 tours apparaîssent. Ils sont lus par des phonographes à aiguilles. La bande magnétique et le magnétophone voient le jour, à leur tour. Les technologies évolueront. Mais les bases resteront les mêmes.

1950. Invention du transistor

Ce composant va révolutionner l’électronique et permettre une diffusion plus souple et beaucoup plus large, des contenus radio.
Mais nous sommes toujours dans l’analogique.

Et le numérique change tout…

Lire la suite de cette entrée »