Impact numérique, l’exemple de la musique


La rupture numérique via l’exemple de la diffusion des contenus musicaux, tel est le sujet de cet article.
La musique est une expression artistique consubstantielle à l’humanité elle-même. Très longtemps, elle n’était entendue qu’en direct, jouée par des musiciens présents physiquement devant un public.

Il faudra attendre, les conséquences de la révolution industrielle, pour que la musique soit diffusée. Autrement dit, entendue sans la présence physique des artistes. Musique enregistrée ou musique diffusée à la radio, par exemple.

Cette histoire-là commence à la fin du XIXème siècle. La chanson prend alors son essor, après la Commune de Paris. Montmartre, les cabarets révèlent des talents : Bruant, Mac Nab, Charles Cros…

En avril 1877, Charles Cros formulait le principe d’un appareil de reproduction des sons qu’il nomma paléophone. Son document, présenté à l’Académie des sciences, suggérait que les vibrations sonores pouvaient êtres gravées dans du métal à l’aide d’un crayon rattaché à une membrane vibrante, et que, par la suite, en faisant glisser un stylet rattaché à une membrane sur cette gravure on parviendrait à reproduire le son initial. Avant que Charles Cros n’eût la possibilité de suivre son idée voire de construire un prototype, Thomas Edison, aux États-Unis, mettait au point le premier phonographe.

Dès lors L’industrie musicale va vivre des bouleversements considérables et devenir un agent économique majeur.

  • Entre 1925 et 1930, l’apparition de la radio hertzienne va rendre populaire de nouvelles expressions musicales. En particulier, le jazz et ses dérivés aux USA.
  • La décénnie 1950-1960 va voir, avec l’electronique, le disque vinyl, les débuts de la télévision et les magazines spécialisés, la musique devenir une industrie.
  • Les années 60 voit naître une nouvelle clientèle : les jeunes qui affirment leurs gouts.
  • La rupture numérique change radicalement la donne économique, les usages et la consommation.

Le monde analogique

Entre 1925 et 1930, la radio prend son essor et couvre de ses ondes le monde entier. En particulire les USA et l’Europe. Il faut des contenus. De la musique. Peu à peu, les techniques d’enregistrement et de restitution évoluent. Dès les années 30, les disques 78 tours apparaîssent. Ils sont lus par des phonographes à aiguilles. La bande magnétique et le magnétophone voient le jour, à leur tour. Les technologies évolueront. Mais les bases resteront les mêmes.

1950. Invention du transistor

Ce composant va révolutionner l’électronique et permettre une diffusion plus souple et beaucoup plus large, des contenus radio.
Mais nous sommes toujours dans l’analogique.

Et le numérique change tout…


L’habitude a été prise de parler de monde physique et de monde virtuel ou immatériel.

Conversation Etienne Hayem/Dominique Nugues

Etienne  explicite la différence entre ces 2 mondes :

Porte d’entrée vers le monde de l’abondance.
Abondance/rareté. Ce binôme est l’un des points d’observation qui vont nous permettre d’aborder
l’histoire de la diffusion de la musique populaire.
On le sait, le numérique et internet change le monde, mais puisqu’on parle de musique, on parle d’auteurs, de « créateurs », l’économie de ce secteur est en train d’être bouleversée.

Le mouvement induit par internet est-il une mode, ou est-ce un changement beaucoup plus radical et profond; en un mot irréversible?
Les anciens schémas sont-ils appelés à disparaître ?

La conférence de Michel Serres qu’évoque Étienne est passionnante. On peut la visionner à cette adresse.
Conférence de M.Serres

Les 2 interlocuteurs Etienne et Dominique sont de générations différentes. Ce dernier a connu et participé à l’aventure des Radios libres ou privées. Ceci après avoir produit des émissions pour le service public, en Normandie de 1978 à 1982.
Alors, c’était comment…, parceque avant il y avait des disques en vinyl…Non…?

Phonographe Teppaz Le Teppaz est un objet qui, avec le transistor, fait partie de la mythologie des sixties. C’est sur cet électrophone que les teenagers s’étourdissaient à l’écoute des idoles de la chanson (je reprends à desseinla terminologie de l’époque).

Eh oui, ça n’en finit pas. Il y a eu un monde avant le MP3, un autre avant de CD, un autre avant le vinyl. C’est à vous donner le tournis.

Nous sommes en 1960. Arrivé à ce point, il fallait tout de même bien se lancer dans un petit couplet nostalgique, précédé d’un point technique.

Prospective et manifeste

Après ce petit détour par la case « les anciens vous parlent », revenons à la question centrale de la transformation des usages.
De consommateur passif, chacun devient le propre producteur et organisateur de son espace sonore.
Comment tu vois cela, Etienne ?

Bon… parlons gros sous, modèle économique. Jusqu’à une date récente la valeur c’était le disque. Le matériel.

Désormais c’est beaucoup plus complexe et influe les stratégies commerciales.

Bon… parlons gros sous, modèle économique. Jusqu’à une date récente la valeur c’était le disque. Le matériel. Désormais c’est beaucoup plus complexe et influe les stratégies commerciales.

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Commentaires

  1. VALTER Benn dit :

    de fait la conférence de Michel Serre est tout à fait passionnante. On pourrait rebaptiser le célèbre concept-album de Serge gainsbourg « l’homme qui lit dans sa tête de chou ». Le concept d’externalisation de la mémoire, de l’imagination et du cognitif au travers du jaillissement revolutionnaire des échanges numériques est, sans doute un fil conducteur, pour nos réflexions métaphysiques futures. Est-ce un prix à payer que d’offrir sa tête à un concept qui en retour vous promet l’exploration possible de milliard d’autres têtes?  » dis-moi ce que tu tapes dans ton moteur de recherche je te dirais qui tu es! » ou « y-a t-il une vie sans mot de passe? « , « comment être et savoir où aller les jours de panne élèctrique? »,…
    Bravo et longue vie au jeune Storyus ! (fils de l’empereur romain Lovus)
    en route dans la nouvelle dimension

    votre dévoué pigeon voyageur

    Benoix VALTER

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