Jean-Pierre Dupuy
Le dimanche 14 mars 2010, nos concitoyens se rendent aux urnes pour choisir leur conseillers régionaux. Le synavi et l’adada souhaitent une participation la plus large possible à ce scrutin. En effet si la Région dispose de pouvoirs limités, à nos yeux trop limités; elle n’en reste pas moins un acteur décisif pour certains aspects de notre vie quotidienne.
Pour nous en tenir au domaine où nos organisations souhaitent peser: la culture et le secteur indépendant des arts, c’est précisément pour faire de la culture un bien courant et quotidien accessible à tous les citoyens que nous nous battons.
Tout le long de cette campagne, nous avons appelé les forces politiques à co-construire avec nous une nouvelle politique culturelle. Nous espérons avoir été entendus.
Èmancipation liberté
Plus que jamais, le secteur indépendant, riche du maillage de milliers de structures et d’artistes de toutes disciplines sur tout le territoire peut devenir la force décisive du développement culturel. À condition d’abord que l’État remplisse sa charge et ses obligations, à condition que les Régions ne soient pas entravées dans leur volonté d’aller de l’avant, à condition de dégager des perspectives réellement nouvelles.
Nous l’avons dit et le répétons : massivement le secteur indépendant (plus d’un millier d’entreprises sur notre territoire : Basse-Normandie) souhaite s’inscrire dans une perspective de politique publique, réfuter une conception de l’art et de la culture réduit à la marchandise et à la consommation. Nous voulons une culture du droit à l’expression (avec la diversité requise) et de l’émancipation constitutive de la liberté.

Education populaire, un vieux mot ?
Synavi et Adada estiment qu’il est devenu indispensable d’élargir la base sociale des échanges sur la culture.
Une grande politique de création doit s’accompagner d’une grande politique de diffusion des œuvres, d’éducation artistique et d’éducation populaire.
Pour ce faire, le secteur indépendant doit se mettre en ordre de marche et devenir un partenaire précieux et fiable. C’est dans ce sens que nos organisations réclament la mise en place immédiate de deux dispositifs et de quelques mesures d’assainissement. Le premier de ces dispositifs que nous réclamons depuis des années c’est la mise en place urgente d’un Centre Régional de Ressources et de Recherche pour le secteur indépendant.
Il répondrait à un besoin de structuration incontournable du secteur, il permettrait une harmonisation et une mise en synergie tout aussi incontournable.
Il permettrait une vraie lisibilité indispensables des forces vives opérant sur le territoire.
Inscrit au plan État/Région ; il serait l’outil de référence dont on a impérativement besoin.
Dans le même esprit et pour répondre à la grave crise qui frappe la danse contemporaine, nous réclamons la création d’une Conférence Permanente pour qu’enfin chaque discipline puisse disposer immédiatement d’un outil de concertation fiable, expérimenté dans
un premier temps par la Danse.
Enfin ces dispositifs doivent s’accompagner de mesures immédiates qui donneraient toute sa cohérence à la politique culturelle : rééquilibrer le subventionnement en faveur du secteur indépendant, moyen d’alléger les charges trop lourdes qui pèsent sur les institutions, consolider l’emploi et les entreprises culturelles et artistiques par des conventions de longue durée (5 ans) et des contrats d’objectifs partagés, soutenir et encourager une forte professionnalisation des artistes et des entreprises, accompagner fortement l’émergence et les nouveaux territoire de l’art où s’investit la jeunesse, expérimenter les formes de l’économie sociale, solidaire et durable, associer étroitement les citoyens au développement du secteur.
Le grand poète René Char définissait ainsi la liberté, il disait :
» la liberté, c’est après naître, la difficulté de s’unir « .

« Après naître » car ce grand résistant savait ce qu’une France occupée voulait dire !.
Oui ! il faut d’abord naître dans un pays libre pour parler de la liberté de chacun.
Un pays où l’on peut voter librement ! Chacun doit y penser en ces jours d’élection libre !
» La difficulté de s’unir » : À qui le dit-on ? Les hommes politiques ont-ils meilleur souci ?
Par delà l’union des forces politiques elles mêmes, l’union avec les citoyens,
le partage avec eux des convictions ne reste-t-elle pas la pierre angulaire de la
démocratie ?
Ainsi « la difficulté de s’unir » ne serait-elle pas, au bout du compte,
la difficulté de l’homme de paix ?
De celui qui tend la main à l’autre, dans le respect de sa différence.
Art éminemment difficile pourtant constitutif de notre liberté.
Le poète a toujours raison.
Tags : Adada, histoire du mouvement populaire, histoire du spectacle, invité, Jean-Pierre Dupuy, spectacle vivant, Synavi









